09/12/2007

09/12/07 - 00:23

MY BLUEBERRY NIGHTS




Pour son premier film en anglais et aux Etats-Unis, le réalisateur chinois était donc très attendu au tournant. Et fidèle à sa réputation de cinéaste onirique les décors et la langue ont beau changer on reconnaît parfaitement le style Kar-Waïen. Jeu des lumières, maîtrise répétitives des flous et des ralentis, longs travelling rotatives et on en passe et des meilleures, c'est sa marque de fabrique et elle a merveilleusement bien marché jusqu'à maintenant.



L'atout Norah Jones.

Wong Kar-Waï a fait ce film pour que la chanteuse de jazz Norah Jones en tienne la tête d'affiche et il utilise cet atout mélodieux et féminin d'une belle manière. Pour ses débuts au cinéma Norah Jones s'en sort très bien, Kar-Waï semble avoir pris beaucoup de plaisir à la filmer et l'exotisme qu'elle dégage rappelle les précédents films du réalisateur. Et comme Norah Jones est avant tout une chanteuse, ça tombe bien la B.O du film est composée de plusieurs titres de la belle et s'intègrent assez judicieusement à chaque scène. Le bémol c'est le personnage que porte Norah Jones. Il n'a pas grand-chose à nous raconter et tombe dans un effacement lorsqu'un personnage fort comme celui de Leslie interprétée par une Natalie Portman flinguante de désespoir et de sex-appeal. On en vient alors à un autre bémol : le scénario.



Un scénario à trous.

Le film est composé de 4 parties bien écrites, trop écrites. Le film commence par la rencontre de deux personnages : un barman (Jude Law) et une jeune femme amoureuse mais trompée par son compagnon (Norah Jones). Ils font connaissance, se revoit plusieurs fois, ils se confient l'un à l'autre et puis tout s'arrête lorsque Norah quitte New York pour traverser les Etats-Unis allant de petits boulots en petits boulots. C'est un road-movie, et qui dit road-movie dit voyage initiatique. C'est très risqué ce genre de film car on tombe souvent dans le cliché ou... le vaporeux. La petite Norah va vivre des histoires qui vont la « révéler à elle-même », encore faut-il que le personnage ai des choses intéressantes et surprenantes à nous faire partager. Mais la réalisation ne le permet pas car tout est noyé sous une montagne de tartes et de sucre. Certains dialogues sont indigestes et manquent de subtilité. Les effets incessants de lenteurs et de gros plans plombent le film d'une épaisseur psychologique qui n'existe pas ou bien qui ne supporte pas un tel attirail. Cette surabondance d'effets s'ajoute une histoire trop convenue. La romance Norah Jones/Jude Law est mignonne mais elle peut vite devenir énervante si on n'est pas un cœur fragile et naïf.

Fort heureusement que le film propose des personnages secondaires passionnants. Natalie Portman mais aussi le duo dévastateur RachelWeisz/David Strathairn. Le film vaut le coup d'être vu pour ces peronnages-là (et secrètement aussi parce que Jude Law n'a jamais été aussi sexy).



Dommage que le scénario manque de radicalité. Les personnages sont intéressants et on se laisse porter par les yeux enfantins de Norah Jones comme par la désinvolture de Natalie Portman mais le sucre ce n'est pas pour n'importe qui, les diabétiques doivent s'abstenir.

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